20 sept. 2013

Le majordome

Me faire pleurer comme une madeleine pendant une heure, c'est le pari qu'a réussi le film "le majordome". J'ai la larme facile, c'est vrai mais de là à sortir d'une salle de ciné toute bouleversée, retournée...



Le majordome, c'est l'histoire d'un homme noir (la précision est importante) qui a servi sept présidents américains. Le film parle des droits civiques des noirs américains comme de certains mauvais choix des dirigeants. Il parle de souffrance, de différence. C'est l'histoire vraie de Eugène Allen arrivé par hasard à la maison blanche à une époque où les noirs étaient traités comme des moins-que-rien. C'est l'histoire de quelqu'un qui a eu tellement de privilèges qu'il a souvent eu du mal à comprendre les combats de ses pairs. C'est l'histoire d'un fils qui, loin des choix sans danger de son père, décide de se battre pour un futur meilleur.

Deux jours avant, je m'offusquais sur twitter du cri constant à la discrimination soulignant que le monde est fait de différences. Différences, inégalités qui ne sont pas là pour opprimer mais pour nous pousser à évoluer. Qu'aurais-je donc fait à cette époque là? Supporter les humiliations, les inégalités ou me battre pour changer?

Je viens d'une famille dans laquelle j'ai eu la chance de ne jamais vivre la souffrance, la famine, la pauvreté. Je peux avoir l'air d'idéaliser parfois mon pays, ce pays qui est loin d'être pour moi la dictature qui opprime le pauvre et l’empêche de manger. Suis-je semblable au nègre de maison? Ce film m'a emmené à me demander si je ne fermais pas trop souvent les yeux sur des injustices parce que je ne les vis pas.

J'ai observé les deux méthodes: King et Malcom X. L'un a apporté des idées quand l'autre a apporté la violence. Je me suis demandée qui portait la voix des opprimés chez nous? Qui apporte des idées pour améliorer les choses? Nous sommes parfois trop occupés à taper notre haine contre le système sur les internets, à se moquer, à accuser, à critiquer ceux qui essaient, à proposer de couper la tête pour couper alors qu'on ne fait rien à notre niveau pour créer un meilleur monde. Elever des enfants dans la fatalité de la pauvreté sans leur expliquer que leur but c'est de ne pas sortir de cette vie comme ils sont entrés, pauvres. Envoyer des enfants à l'étranger qui, plutôt que de penser à rentrer ramener chez eux ce qu'ils ont appris ici, décident de n'y plus revenir parce qu'ici c'est bien et qu'il n'y a rien au pays.

Je ne raconterais pas le film ici, je ne commenterais pas le jeu d'acteur même si j'attribue de bons points à Oprah magnifique dans son rôle. Forest Whitaker, Mariah Carey, Jane Fonda, Jesse Williams, Cuba Gooding Jr, Lenny Kravitz, Yaya Dacosta... Casting de qualité. Chacune des personnes que je connais l'ayant vu au cinéma a senti le malaise à la fin de la séance. Film à voir absolument.

1 commentaire:

  1. “Au service de sept présidents, il a traversé trente ans d’histoire”.
    Voici le slogan policé placardé sur l’affiche de sortie du film “Le Majordome”, en tout cas en France.
    Car, une fois n’est pas coutume, les affiches de teasing américaines sont bien plus engagées (et aussi plus réussies selon moi).
    Pour lire la critique de l'affiche du Majordome, c'est par ici http://www.lecritiquedepub.com/majordome/

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