25 sept. 2013

Kilimandjaro

Ne vous fiez pas au titre très exotique de mon article, je n'ai malheureusement pas eu encore la chance d'aller visiter la plus haute montagne d'Afrique. Pourquoi ce titre donc? Je parle de boîte de nuit, de soirée parisienne et de club à la réputation controversée.

Ca fait un an déjà que tous les parisiens parlent du Kilimandjaro, boîte de nuit, maquis ou salle de fête, c'est le lieu de prédilection des noirs de Paris. L'endroit fait de l'ombre à l'alizé qui pourtant a régné sur les soirées africaines pendant longtemps si bien qu'il a ouvert la porte à plein de nouveaux clubs du même genre: le deido, etc

Les débats de mes connaissances concernant l'endroit étaient intrigants.
"C'est un maquis, c'est comme le bar"
"le DJ anime bien"
"Tu peux y croiser les vendeuses de poisson de Marcadet.... dans leur tenue de travail"
"C'est le lieu si tu veux danser camerounais"



Je suis très difficile en matière d'ambiance, tellement difficile que je peux croiser les bras et faire la gueule toute la soirée si je n'aime pas. Tant pis pour ceux qui m'accompagnent. J'appréhendais au vu de toutes les remarques mais friande de Bikutsi (danse camerounaise), je ne pouvais m'empêcher d'être curieuse. Après avoir tanné mes amies pendant des mois, samedi dernier, j'ai enfin pu aller au fameux "club".

Première impression: ce n'est pas si terrible que ça  On m'avait dit que le club était sale, mal entretenu, etc mais je n'en ai pas du tout l'impression, même les toilettes sont propres, ce qui est rare dans les établissements de nuit. C'est une salle de fête qui a été transformée en club (l'étage était d'ailleurs loué pour un mariage congolais). Les tables sont posées anarchiquement, on sent que les clients sont casés au gré de la place et du nombre de chaises qu'on peut placer sans s'étouffer.On est samedi, c'est plein, beaucoup trop plein. On croise le serveur du restaurant africain dans lequel on était plus tôt dans la
journée... Dans les mêmes vêtements. La clientèle est hétéroclite. Le DJ lance du hip hop et ça me surprend, pendant une bonne heure, il enjaille les jeunes en place. Il enchaîne sur une séquence pop-électro, "c'est beau la bourgeoisie" de Discobitch me fait sauter de mon siège, je me trémousse, je ne m'attendais pas à écouter ça dans cet endroit. Justement, ça me surprend, où sont les bikutsi, ndombolo, coupé décalé? Je suis venue danser africain!!

Le DJ lance alors une piste de Hugo Nyame (chanteur de makossa camerounais) comme seul un bar de la rue de la joie l'aurait fait. La salle se lève, crie "Apporte moi la chicotte, je vais chicotter... Achouka Ngongoli". ça continue, ça continue, ça enchaîne sur des makossas d'initiés, nous sommes au cameroun Le Bikutsi commence et je ne m'arrête pas jusqu'à la fin de la séquence, des chansons que je n'avais pas entendu depuis le pays. C'est le genre de clubs où il ne faut pas aller si tu n'aimes la musique camerounaise.

La séquence ndombolo non plus ne déçoit pas. Je me rends compte que je suis légèrement déconnectée. Il y a tellement de chansons que je ne connais pas... Les copines sont debout, font les chorégraphies. La petite soeur, fraîchement arrivée du pays et qui en avait déjà marre de nos soirées rouennaises très françaises, est aux anges. Les animations à l'africaine, le DJ me ramène chez moi.

J'ai tellement profité de la musique que je n'ai presque pas remarqué le père qui boit goulument à notre gauche, ni les gars qui semblent sortir de l'émission "délire" (passe sur Cameroon Radio Television, la chaîne nationale camerounaise). Le gars en face saute tellement qu'il transpire à grosses gouttes, il a l'air d'avoir été trempé par un seau d'eau. il n'est pas le seul. Les tenues douteuses. Les jupes longues et baskets, les dos nus, les crop top sur des gros ventres. Moi qui regrettais de ne pas avoir mis mes talons...

Verdict: j'ai apprécié la soirée, contrairement à ce à quoi je pensais. L'animation est bonne, le club est anarchiquement organisé mais les prix ne sont pas élevés et c'est propre. Le seul hic: se retrouver à fêter avec les laveurs de voiture, vendeuses de poisson, rabatteurs de Château Rouge, etc. Il faut vouloir s'amuser et surtout ne pas regarder autour: 13.5/20.

2 commentaires:

  1. Quel degré de snobisme!! Donc quand on est laveur de voiture, vendeuse de poisson ou rabatteur à château rouge, on ne peut pas aller s'amuser la nuit?!! Il n'y a pas de sous métier

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  2. j'ai entendu parler de sa..mais je crois que c'est pas trop tip top ou alors c'est déja has been.bon en tout cas.. je suis pas boite..

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