8 août 2013

Le ma-yem-allisme

Ma-yem-allisme: néologisme maysimonien du bulu (langue bantou du cameroun) ma yem qui signifie je sais et de l'anglais all qui signifie tout.


Vous l'aurez donc compris le ma-yem-allisme est le fait de savoir tout sur tout. Cette pathologie qui touche énormément de personnes, est un frein à bon nombre de conversations. Comme dit mon professeur de communication, tous les problèmes dans la vie sont des problèmes de communication.
Monsieur/Madame Ma-yem-all monopolise la parole dans toutes les conversations, ses sources sont meilleures que celles des autres et bien sûr vous êtes ignorant parce que vous ne le croyez pas. Il connaît un quelqu'un qui connaît un tel qui a dîné avec le responsable de je-ne-sais-quoi à la présidence et qui est donc très bien informé. Il est irrationnel, n'apporte aucune preuve, à part des on-dits et des expériences personnelles douteuses.
Le plus dur dans une discussion, c'est lorsque deux ma-yem-all se rencontrent et décident de discuter. Récemment encore, j'assistais à une joute verbale sur twitter entre un expatrié et un ex expatrié récemment rentré au pays. Comme d'habitude, la discussion (ou la dispute) tournait sur le fait de savoir qui connaît mieux le pays que l'autre, qui a son mot à dire. Dispute purement ma-yem-allienne. Peu d'échanges d'idées, autant chacun est occupé à prouver sa légitimité et à étaler son savoir. On tourne en rond, on avance pas.
La propagation de cette pathologie est encore plus accrue dans nos pays car il existe peu ou pas d'informations officielles. Personne ne sait rien alors tout le monde s'imagine tout.
Les expatriés se croient plus érudits que les locaux pour avoir connu mieux ailleurs, se ramènent avec leurs grands airs et frustrent ceux qui se complaisent dans ce qu'ils connaissent. Les locaux se croient plus à même de changer les choses parce qu'ils les vivent donc forcément les comprennent. Les idées des autres aideraient pourtant les uns à faire mieux. La connaissance du terrain des uns permettraient aux autres d'analyser leurs besoins.
Au fond, nous sommes un peu tous des messieurs et mesdames ma-yem-all, parfois incapables d'écouter les autres, trop occupés que nous sommes à s'extasier sur notre savoir. On sait tout, on comprend tout et on n'accepte aucune aide. On se complaît dans la médiocrité en posant sans cesse la question "qui est-il pour me conseiller?" Tous les problèmes dans la vie sont des problèmes de communication. Apprenons à éteindre nos égos cinq minutes parfois, ça nous aidera à grandir.
Calculez le dégré de ma-yem-allisme en vous, savez vous vraiment tout ce que vous pensez savoir?

1 commentaire:

  1. Si j'ai bien saisi Ma-yem-all= sabi-all= sabi- tout !!! En tout cas à choisir je garde volontiers le ma-yem-all (bulu proud people haha).
    Mais c'est bien vrai tout ça la preuve moi même mes parents m 'on surnommé un temps "réponse à tout" à cause de mon légendaire "je sais" après chaque remarque (mais c'est souvent vrai que je sais hein ;).
    Alors continues de nous exposer à nous mêmes...
    xux

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