10 janv. 2012

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Aucune inspiration concernant le titre du blablatage que je m'apprête à écrire. Vous vous demandez sûrement si je n'ai aucune épaule sur laquelle pleurer ou alors personne à qui me confier. Mais non, il y a tellement de gens autour de moi qui ne demandent que ça, voir mes larmes couler, me voir me laisser aller, exprimer ce que je ressens.


Je viens d'apprendre que je suis en deuil... Au détour de mon mur facebook! Ironique, nooon!?? Toute ma famille pleure au Cameroun et on n'ose pas me le dire de peur de me faire encore plus mal, moi qui suis seule.


Je ne me souviens pas avoir été proche de lui. Je ne me souviens même pas qu'il m'ait porté ou joué avec moi quand j'étais petite. Il ne parlait pas, il jouait au ludo (jeu des petits chevaux) ou au songo'o. Oui, il était comme ça, un peu énigmatique. Je me souviens que dans toutes ces histoires de famille africaine, après que j'ai perdu deux oncles, on l'avait accusé de tout. On avait dit qu'il trempait dans des trucs pas simples, occultes. Je l'avais regardé d'un autre oeil, ce personnage aux cheveux grisonnants.


J'essaie de me rappeler de lui entrain de rire ou même tout simplement entrain d'exprimer une émotion. J'essaie de me rappeler de notre dernière conversation de plus de 5mots. J'essaie de voir ce qui me rendait proche de ce membre de ma famille à part le nom. 


Pourquoi je suis  triste? Pourquoi les larmes coulent le long de mon visage? Pourquoi je n'arrive pas à refouler ces sentiments? 


J'ai mal parce qu'au fond si tu n'avais pas existé, je n'aurais jamais vu le jour. Si tu n'avais pas été le père distant que tu as été, mon père ne serait jamais devenu l'homme fort qu'il est aujourd'hui. Si tu avais su t'occuper des tiens quand il était temps, les choses n'auraient sûrement pas été pareilles. Je pense que tu le savais, d'où ton mutisme de la fin.


Je me souviens qu'il fallait descendre te dire bonjour quand on te voyait entrer avec ton chapeau et tes lunettes à la Derrick. Je me souviens qu'on devait venir te dire au revoir quand tu enfilais l'une de tes vieilles vestes pour repartir au village.


Tu auras sûrement été un homme intéressant, tu auras sûrement mérité les larmes qui coulent de mon visage. Dommage que je ne t'ai pas assez connu pour m'en rendre compte.


Demain, j'enfilerais mon chapeau, mettrais mes lunettes et ma veste vintage. Je jouerais une partie de ludo ou de songo'o en ligne avec une pensée pour toi.


Remercier Dieu en toute chose, c'est ce que je fais. Merci, parce que Lui seul sait pourquoi.


Je me suis sûrement trop épanchée ici. J'aurais peut-être dû garder ce texte pour moi mais partager avec vous ce point final me donne l'impression qu'à la fin, je lui aurais rendu un hommage, je n'aurais pas été une si mauvaise petite-fille.

RIP mon mari, mon grand-père Laurent N.

3 commentaires:

  1. je suis entrain de pleurer...RIP Papi

    Dans la famille africaine c'est comme, le tout c'est que NOUS en tant qu'enfant certes on fait ce que nos parents nous demande de faire, mais on ne doit en aucun cas prendre partie et c'est que tu viens de faire sous mes yeux #ProudOfYou

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  2. tres touchant! mes condoléances Maysii!!

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  3. mes condoléances maysi! du courage!des bises

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