24 févr. 2011

"Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit" Paul Biya

Le titre de cet article n'évoquera sûrement rien à ceux qui comme moi n'ont vu le jour qu'au début des années 90. Nous sommes en 91, l'opposition lance l'opération "villes mortes", Yaoundé ne suit pas et le pouvoir laisse l'opération s'essoufler.

Pourquoi ce titre? Ce 23 février était sensé être jour de révolution au Cameroun. La révolution n'aura pas lieu!!

OUF!!! On n'en pouvait plus.. mails, sms, tracts et autres circulaient, demandant à la jeunesse de se mobiliser ce 23février (jour anniversaire des émeutes de la faim). Plusieurs manifestations étaient prévues...
La police a dispersé tous les semblants de  mobilisation. La vie camerounaise n'a pas été ébranlée.
Comme d'habitude, j'estime que ceux qui sont sur le terrain sont les meilleurs témoins. Je vous propose donc quelques extraits d'articles.

"Tout au long de ses prises de parole, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary indiquera que Mboua Massock, Nintcheu, Kah Wallah, le Code et les autres responsables politiques, qui appellent les jeunes à descendre dans la rue font preuve d’un «manque d’imagination et d’une paresse intellectuelle». Il a invité ces leaders à consulter l’Histoire. Selon le Mincom, le «printemps arabe» en cours a eu lieu 20 ans avant en Afrique subsaharienne. «Nous avons mis à genoux l’économie de cette Nation [le Cameroun, ndlr] pendant 7 mois. Je faisais partie du groupe. J’assume. Vous ne pouvez pas imaginez le nombre de morts enregistrés dans le cadre de la construction de notre démocratie. [...]

Le ministre de la Communication a déclaré du reste que c’est maintenant que l’Etat fait ce qu’il n’a pas pu faire il y a 20 ans parce qu’il a récupéré sa souveraineté économique, après de longues années d’ajustement structurel. La mise en route des projets structurants ainsi que le recrutement annoncé de 25.000 jeunes dans la Fonction publique camerounaise. «C’est en ce moment que ces illuminés veulent perpétrés le désordre. Ils n’ont pas le monopole de l’amour du Cameroun. D’ailleurs tous ceux qui aspirent à gérer ce pays ne sont pas dans ce coup là. En tout cas, ça ne passera pas. Leur agitation est vouée à l’échec». S’agissant de la longévité au pouvoir du chef de l’Etat, Paul Biya, qui fait partie des arguments développés par les cerveaux de l’appel au soulèvement populaire, le ministre est allé du magistrale métaphore pour leur rabattre le caquet : «le président de la République a atteint l’âge où il exhale le meilleur de son parfum»."
http://camerpress.net/



"Yaoundé s’est donc levé ce matin comme d’habitude. Selon certains observateurs, la raison de cette non adhésion est à trouver dans la méthode choisie pour la succession du président à la tête de l’Etat. Il faut dire que les camerounais sont d’accord sur l’alternance au sommet de l’Etat. Mais c’est la méthode et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir qui ont de tout temps constitué la pomme de discorde.
Aujourd’hui, des partis politiques à l’instar du Social democratic front (SDF) se désolidarise de cette action parce qu’il trouve que le sens donné à la semaine dite des martyrs du 28 2008 est amplifié.
Des leaders de la société civile comme Hilaire Kamga, est opposé à toute action sans contenu surtout que le Cameroun est à huit mois environ des élections de vérité. Les populations de leur côté ne sont pas d’accord parce que disent-elles, ce sont les intérêts personnels qui sont recherchés au bout du compte par les commanditaires.
Certaines personnes vont plus loin en se rappelant de la période post indépendance avec le maquis et la pacification qui a suivi et où des familles, voire des villages ont payé un lourd tribut. D’autres n’ont pour exemple que les années de braises (90 avec l’avènement de la démocratie), pour jurer de ne plus jouer les moutons de panurge.
En somme, les camerounais semblent s’être assagis. Beaucoup d’entre eux appellent les commanditaires de ces tracts à descendre sur le terrain et leur prouver de quoi ils sont capables. Ils ne manquent pas à cet effet de citer en guise d’exemple les plantations d’ananas du président Paul Biya et plus récemment, les bœufs du ranch du chairman Ni John Fru Ndi exposés lors du comice d’Ebolowa."
http://africa-info.org/



A Douala, certains manifestants ont été violemment repoussés par les forces de l'ordre. On note entre autres de nombreuses arrestations.
Mais je suis heureuse, les camerounais sont assez intelligents pour savoir que les moyens choisis et le programme proposé par ces "leaders" ne valent pas de mettre le pays à feu et à sang!!

Je vous ai habitué à des articles beaucoup plus complets et élaborés mais ce soir, ma seule joie est de savoir que cette journée "à risque" s'est finalement terminée sans mort d'hommes.

Demain, je vais à Poitiers (Holidays!!), promis je ferais des photos!!

God Bless Cameroon!!

3 commentaires:

  1. super article.....

    Tout à fait d'accord avec cette phrase :
    ....les camerounais sont assez intelligents pour savoir que les moyens choisis et le programme proposé par ces "leaders" ne valent pas de mettre le pays à feu et à sang!!......

    RépondreSupprimer
  2. c'est vrai on a eu tous peur que ça ne se passe comme dans les autres pays...mais continuons à prier parce que les élections sont dans quelques mois et beaucoup de choses peuvent se passer
    article très interessant
    merci!

    RépondreSupprimer
  3. huum..... !! Humm... je vais aller réfléchir! et je viendrais commenter quand j'aurais calmé mes esprits #oupas. Car je n'ai pas envie de dire des choses trop violentes.
    La situation politique dans notre pays.... est catastrophique et il faudra que les choses changent.
    Mais la repression sera toujours la alors les choses se feront forcément dans le sang la douleur et les cris, étant donné que démocratie et Cameroun ne vont point ensemble.
    j'aurais tant aimé naitre dans un pays stable, un pays dans lequel les droits de chacun sont respectés...
    ANyway tough je m'en vais avant de m'enfoncer encore plus.

    RépondreSupprimer